NDDL : une consultation pour trancher ?

Le 26 juin prochain aura lieu la « consultation » pour décider de « l’avenir » de futur aéroport de Notre-Dame des Landes. Quatre ans après l’échec de l’opération César, le pouvoir essaye de redonner de la légitimité à ce projet. Cette consultation y parviendra-t-elle ? Rien n’est moins sûr.

La forme déjà, n’est pas des plus légitime. L’État a décidé de ce « référendum » sans aucune concertation : il a défini lui-même le périmètre, la question et le calendrier. Il n’a tenu compte ni des pouvoirs locaux partisans du projet, ni des associations qui y sont opposées.

Par ailleurs, les opposants se faisant insulter depuis des années par le pouvoir, il faudra un curieux miracle pour obtenir l’obéissance de ceux-ci après une simple consultation. N’oublions pas que Valls assimile les opposants de Notre-Dame-des-Landes à « un kyste ». Pour Jacques Auxiette (président de la région Pays de la Loire), expulser la zad, ce n’est « pas plus compliqué qu’au Mali ! ». Le préfet Galliard de Lavernée, quant à lui, dénonçait en 2014 l’opposition institutionnelle à l’aéroport comme « la vitrine légale d’un mouvement armé. » De même, Alexandre Mazzorana (vice-président de Nantes Métropole) éructait un an plus tôt : « nous avons affaire au pire visage de l’écologie, qui tend au totalitarisme, contre le progrès et contre l’humain. Les bruits de bottes des chemises vertes se font délibérément entendre… ». Le nouveau président de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau, reprend le flambeau : « A Notre-dame des Landes, on se croirait à Mossoul ou à Damas ».

Mais laissons de côté les insultes. Une victoire du « oui » le 26 juin ne résoudra pas les malversations du dossier. Sur le plan économique, le journal Reporterre a révélé en 2012 que l’État avait trafiqué les chiffres afin de conférer au projet un bilan positif. Sur le plan écologique, la méthode de compensation des zones humides a été invalidé en 2013 par la commission « d’experts environnementaux ». Experts nommés par JM Ayrault, au même moment que la « commission dialogue ». À l’heure actuelle, les porteurs de projet n’ont ni explication ni solution sur ces deux points fondamentaux.

Supposons que le « oui » l’emporte, que se passerait-il sur le terrain ? Le gouvernement lancera-t-il une opération de police de grande ampleur pour évacuer la zad ? L’hypothèse est peu probable au regard du contexte : l’intervention aurait lieu après le mouvement contre la Loi Travail et à quelques encablures de la présidentielle. Sans oublier que les policiers sont sollicités depuis des mois et des mois entre « l’état d’urgence », les manifestations ou encore l’Euro 2016.

La victoire du « oui » ne résoudra pas grand-chose sur le fond. Elle fera pencher quelques indécis dans le camp des partisans, assurément. Elle servira également d’argument en cas d’attaque de la zad, si elle devait avoir lieu. Un succès du « oui » ouvrira une nouvelle page du feuilleton NDDL, seul le choix du « non » mettra un terme au dossier.

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