Chasseurs d’appart’

N’ayant plus la télévision chez moi depuis belle lurette, je la regarde peu et la connais bien mal. Je visionne les « gros buzz » sur le web lorsque je tombe dessus, c’est à peu près tout. Récemment, j’ai eu la possibilité de passer du temps devant le petit écran, ce qui ne m’était pas arrivé depuis un moment, deux ans peut-être. J’ai donc zappé, zappé et encore zappé avec la télécommande pour découvrir des choses de temps à autre, en revoir parfois et m’énerver fréquemment. Car lorsque l’on coupe avec la télévision, le retour sur le terrain cathodique est souvent douloureux, ce qui fut le cas cette fois encore, avec l’émission « Chasseur d’appart’ ».

Diffusée sur M6 depuis 2015 et rencontrant un grand succès d’audimat, l’émission met en scène, le vendredi, deux « chasseurs d’appart’ » proposant des propriétés à un couple de client. Ce soir là, les agents, deux femmes en l’occurrence, conseillaient deux biens à tour de rôle, en s’efforçant de répondre aux critères des acheteurs. Lorsqu’une « chasseuse » faisait une visite, son adversaire observait et commentait les images depuis un petit camion. Et finalement, si les clients choisissaient une des quatre maisons, la vendeuse qui avait débusqué le bien remportait 3000 euros.

Évidemment, il s’agit d’un programme télévisé qui a besoin de ressorts narratifs pour fonctionner, mais il implique un certain rapport au travail. Car toute la dramaturgie du programme repose sur une chose : deux employées se plient en quatre pour satisfaire la demande d’un client. Et si une des travailleuses parvient à trouver la perle rare, le bien rêver de l’acheteur, elle gagne un bonus. L’autre rien. A aucun moment le dispositif ne permet d’imaginer une solidarité entre les deux travailleuses, se partager la prime par exemple, elles sont en concurrence, point barre. Ce que nous dit aussi ce programme, c’est que les travailleurs qui répondent au mieux aux désirs des gens fortunés, peuvent gagner de l’argent. Ainsi, tandis que les riches hésitent entre deux villas avec piscine, les serviteurs les plus prévenants peuvent gratter quelques thunes.

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